Henri Pascal BOLANGA, d’Africa N°1 au palais de la Renaissance 5


HPBVeste « taille sur mesure » , chaussures classiques bien cirées, silhouette à la Hussein BOLT, tel est le physique auquel j’associe HPB (entendez Henri Pascal BOLANGA). Sans faute vous aurez reconnu l’ancien animateur vedette de la radio panafricaine Africa N°1, aujourd’hui conseiller en communication du Chef de l’Etat Centrafricain. Au delà des soins que « l’enfant terrible de Njo-Njo » (comme l’appelle certains chroniqueurs camerounais) apporte à son élégance, Il ne manque pas non plus de recettes pour présenter l’image de marque de la Centrafrique au monde. Portrait d’un communicateur rude et passionné.

H comme histoire: Entre Douala et Libreville, une enfance encadrée par ses « trois mères »

J’ai travaillé pendant plus de deux ans pour « son excellence HPB », dans une agence de communication qu’il a montée à Bangui. Une agence dédiée à la présidence de la République. Nous étions une dizaine d’employés. Je dirigeais le département TIC de l’agence. Pour nous pousser, mon équipe et moi, à donner le meilleur de nous même, HPB aimait nous lancer cette citation de George Bernard Shaw : « Faites en sorte d’obtenir ce que vous aimez, sinon vous serez forcé d’aimer ce que vous obtenez ». Il aimait rajouter à cela : « HPB, n’oublie jamais cette citation ». Je pense qu’il est ainsi, mettre toutes les chances de son côtés pour « obtenir ce qu’il aime ».Rien ne présageait le poste actuel de ce fils du Mboa à la présidence Centrafricaine.

Camerounais de naissance, Gabonais de cœur, HPB est né le 09 Avril 1966 à la polyclinique Soppo Priso de Douala dans une famille de classe moyenne. Fils aîné d’une fratrie de six enfants,  Tout de suite il sera très choyé par sa mère, sa grand-mère et une de ses tantes. HPB les appelle intimement « mes trois mères ». A 10ans, il rejoint sa mère à Libreville où elle était infirmière pour le compte de  l’Office National de Chemin de Fer Transgabonais (OCTRA). Il rentre à Douala en 1982 et s’inscrit au Lycée de New-Bell. Il est élu président de la coopérative scolaire, une association regroupant une trentaine de clubs scolaires. En 1988, s’ensuit sa première année universitaire où il étudie les Lettre Modernes Françaises. Il est désigné président du cercle de littérature de sa faculté. En 1989, il organise à ce titre une conférence publique de l’écrivain Mongo Béti, après son retour d’exil. Il se fera remarqué à l’occasion et attrapera le virus de la communication et de « l’événementiel ».

P comme Parcours : Africa N°1, Le club de la presse, la CEMAC…

En dépit de son parcours prometteur en faculté, HPB quitte l’Université en 1990 étant en année de licence. A la même année, il rejoint Douala où avec un de ses amis, ils présentent « Canal Culture » sur les ondes provinciales de la CRTV (Cameroon Radio Television). Ils signent parallèlement des articles pour l’hebdomadaire « La détente ». En 1992, Douala connaît des pires moments dus aux émeutes de la « ville morte ». HPB se rend à Libreville pour continuer ses études. L’administration l’oblige à s’inscrire en première année. Il décide d’y mettre un terme définitif.

Tout de suite il est embauché chez Sigma Communication, un cabinet spécialisé dans la communication stratégique. En 1994, Africa N°1 lance un concours pour le recrutement d’animateurs radio. HPB tergiverse à se présenté au concours, prétextant que seul les gabonais seront privilégiés. Sous l’insistance d’un des ses intimes amis, il finit par se présenter. Il sera finalement retenu parmi les six recrus sur plus de cent vingt candidats. « Transafricaine », « Trajectoire », « Croisière » sont les émissions qu’il présentera tour à tour sur Africa N°1. Avec « Croisière », il voyage dans plus de quarante capitales Africaine dont Bangui, où il fait la connaissance de Mamba Chakah, un entrepreneur culturel centrafricain. Le programme connaît un véritable succès dans toute l’Afrique noir francophone. HPB est récompensé en obtenant l’Oscar gabonais de la meilleure émission radio. Arrive 2004, HPB quitte le navire « Africa N°1 » et lance « TEKLA Communications », un cabinet de conseil en communication qu’il dirige d’un bras de fer. Trois ans durant, il fait carrière dans l’évènementiel, profitant d’innombrables conférences internationales dont Libreville servait de cadre. Il anime aussi pendant la même période un talk show quotidien diffusé sur TV+. En 2007, sur recommandation de Mamba Chaka qui dirige entre temps l’espace culturel « Linga Térè » à Bangui, la cellule de communication de la présidence Centrafricaine va se rapprocher du cabinet de HPB pour organiser « Le club de la presse » à Bangui. Pendant près de 3 heures, le Chef de l’Etat Centrafricain, François BOZIZE qui vient de légitimer son pouvoir, doit échanger avec un parterre de 15 journalistes Africains. Sous sa demande, HPB joue le rôle de modérateur. BOZIZE découvre en « live » les talents de l’homme, à la fin des débats il fait appeler HPB par son aide de camp. HPB entend le président lui dire : « La RCA a besoin d’hommes comme vous ». Une proposition de travailler pour la Centrafrique lui est faite, il donne son approbation sans hésiter, quoi que ne sachant pas le rôle qu’il est censé jouer.

B comme Bangui : Les nouveaux défis

De retour à Libreville, sa résidence depuis 1992, HPB attendra jusqu’à 2008 avant de voir sa mission en Centrafrique prendre forme. «Monsieur le conseiller en communication à la présidence de la République, je vous félicite», va-t-il entendre de son prédécesseur, Cyriaque GONDA,  par téléphone interposé. Commence pour HPB, de véritables défis. Il doit donner la meilleure image possible à la RCA, et « vendre » de la meilleure façon possible son patron. Tout cela avec des moyens très réduit. Sa présence est remarquée sur tous les fronts. S’il ne profite pas de ses vacances au pays, à Douala pour venir en renfort au consul de la Centrafrique au Cameroun, il est appelé à coordonner, comme en décembre 2009, le lancement de la compétition des artistes en prélude de la date anniversaire du président. Coordonner, informer, démentir, innover…ces sont les milles et une choses que cet homme de 45 ans s’assure de bien faire depuis plus de trois auprès du Président Général Bozizé. Il court entre deux chaînes de télévision et/ou radio à négocier des interviews. La présence à Bangui, de grands hommes des médias Africains et internationaux tels Alain Foka, Christophe Boibouviers, François Soudan, et j’en passe … c’est encore l’œuvre de BOLANGA. De fois lors de nos entretiens, souvent très amical, il me confit fièrement « Cinq interviews en un mois  pour le Chef de l’Etat, je pense que c’est un record pour la RCA ». Puis suffoquant il continue « Bozizé m’a fait confiance, et je ferais mon travail comme il se devra ». « IN Centrafrique » et « Centrafrique Nouvelles » sont des journaux qu’il a lancés et dont il dirige la publication afin de contrecarrer la presse détractrice du régime, pour reprendre ses expressions. La télévision nationale Centrafricaine (TVCA) n’est pas de reste. HPB y présente des talk show tels que : « L’invité de HPB », « Bangui Magazine », « Sidaction »…

 

banguimag

HPB recevant Papa WEMBA comme invité sur "Bangui Magazine"

Bosseur, HPB nous faisais travaillé jour et nuit quand il nous fallait boucler en toute urgence un numéro. Amicalement on appelait les nuits blanches passées ensemble à jobber, « Ngozê ». Je ne sais toujours pas ce que cela veut dire. Personnellement, j’ai découvert pour la première une véritable rédaction avec HPB. A l’agence, Il savait donner sa chance à chacun de nous. Tout le monde faisait tout, à tel point que les rédacteurs devenaient à la longue des infographes. HPB n’est pas un véritable geek. Il n’a pas de compte twitter, son compte facebook est quasiment désertée. Mais hélas il sait quand même que Carla Bruni a un compte twitter et s’accorde ses temps libres pour s’informer de ce qui en est des NTIC. Il a exigé au concepteur du site de la présidence et celui du président, un template de dernière génération. Bozizé n’aura pas eu tord de confier la gestion de son image à un frère Africain, mieux un frère d’un pays limitrophe de la Centrafrique. Le Cameroun. N’est-ce pas là une coopération Sud-Sud réussie ?

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@legeekdusud
Administrateur Systèmes et Réseaux, Humanitaire, Geek par moment 😉 Hobbies: #webdesign, #infographie, #communication come from #Chad #Tchad

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