Stev’N-T : « ma musique est un miroir… »


Diplômé en télécommunication à l’ULCO (Université du Littoral Côte d’Opale) dans le Pas-des-Calais, en France, Stéphane TARPADE MIANMARDE alias Stev’N-T est l’un des rares artistes musiciens tchadiens qui ont su mixer arts et études. Stev’N-T est un amoureux précoce de la musique, car son père jouait avec l’emblématique groupe Chari-Jazz et le très célèbre feu Talino Manu. L’influence paternelle a eu son effet à travers les concerts où il regardait son père joué de la guitare. « Cœur Cornu », le deuxième album de Stev’N-T est entrain de faire de lui, un des artistes les plus connus du pays de Toumaï.

Stev'N-T. Crédit photo: Profil facebook de l'artiste

Stev’N-T. Crédit photo: Profil facebook de l’artiste

Stev’N-T décrit sa musique comme étant le reflet de la société. « Ma musique est une sorte de miroir dans lequel tout le monde peut se regarder et voir ce qu’il est » explique l’artiste qui se veut humble, car incapable de porter un jugement sur quiconque ni de servir d’exemple. Un regard timide, un corps svelte, un comportement altruiste… tant de simplicités entourent ce jeune homme qui enfouit pourtant en lui d’immenses projets et qui quand l’occasion lui ai permis s’exprime avec éloquence et liberté. Dès son jeune âge, il s’engage aux cotés de l’AJAC (Association Jeunesse Anti-Clivage) en 1998. Une association de la société civile tchadienne qui milite pour éradiquer les stigmates de la sanglante guerre civile de 1979 au Tchad, la cohabitation Nord-Sud, et la pacification du pays tout entier. Il se fait remarquer au sein de l’association et est désigné comme enfant-parlementaire au courant de la même année. Son talent d’artiste s ‘éclore également dans le théâtre à travers le rôle d’un juge qu’il incarne dans une pièce montée par l’association. Influencé par les films Gangsta, il se laisse entraîner un moment par ce qu’on nommera l’âge de puberté. Ce qui lui vaudra une exclusion de la prestigieuse Lycée des Sacré-cœur de N’Djamena. Il se rattrape très rapidement, et sens que la musique a sa vocation. Le défunt Rom’s-B du groupe Eklypss, Kessely, Compagnon, HEMAHESS… autant de monde qui l’aident à griffonner ses premiers textes. En l’an 2002, il fait sa première audition au Ballet National du Tchad, avec Ludovic est de ses amis. Succès total. « On a eu beaucoup de belles filles, parce qu’on avait le plus beau texte » s’en réjouit, tout nostalgique l’artiste. Intifada est le premier groupe hip-hop qu’il a formé en 2003 avec Rony qui vit en ce moment au Ghana. « Nous étions fougueux et on a voulu jeter non pas des pierres, mais des mots contre le Système », explique Stev’NT sur le choix du nom du groupe qui s’inspirait de l’Intifada palestinien. Le groupe avait très vite changer de nom, car ils le trouvaient très violent. Les idées, les textes, les membres du groupe sont restés intact. Djaraa-B (on le fera encore, en langue gambaye) est le nouveau nom du groupe qui remporte le 2eme prix groupe espoir Art Sao Lauréat. Le groupe se disloque quand ses membres sont contraint pour des raisons d’études. Stev’N-T se relance une année après dans une carrière solo. Véritable début musicale pour lui. Il se fait produire par D&G Studio, et sort deux premiers singles en 2006, avec CidSon Alguewi et Frankelly à l’arrangement. Il s’envole pour les études au Cameroun en 2008, et en profite pour collaborer avec Master Pi et d’autres artistes camerounais.

En 2011, un douloureux événement l’attriste. Étant à Accra, au Ghana, Stev’N-T apprend le décès de son père. Il rentre au pays pour les funérailles de son père et y met quelques temps pour se recueillir. L’idée de sortir un album solo l’effleure. Il repart chez D&G Studio et sort Au nom du père, un album qu’il dédit à tous les orphelins du monde pour rendre hommage à son père. Un album plein d’émotions et de dénonciations des sévices que vivent les veuves et les orphelins, le public se reconnaît dans les textes et s’approprie de l’album. L’artiste se fait un nom et peut désormais s’affirmer dans l’arène des faiseurs du hip-hop tchadiens. Pourtant ce n’est qu’une partie remise pour Stev’N-T qui nous revient avec plus de maturité avec « Cœur cornu » un deuxième opus de 13 titres qui a vu la collaboration de nombreux artistes venant du Bénin, du Cameroun, du Nigeria et du Tchad. Désormais Tonton Leblanc comme le surnomme ses fans peut s’estimer heureux d’être parvenu à bout d’un rêve d’enfant qu’il a réalisé, celui d’utiliser le micro pour apporter sa contribution à la prise de conscience de la jeunesse face aux maux qui la mine.

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