Tchadiens indignez-vous, indignez-vous de ces policiers inhumains !

Les images étaient choquantes. Un groupe, visiblement, des jeunes lycéens se faisait humilier par la GMIP (Groupement Mobil d’Intervention de la Police), l’unité spéciale de la police tchadienne. Sur youtube, la vidéo lancée par le blogueur tchadien Acheick Djarma montre les atrocités infligées par cette police aux jeunes lycéens a fait plus de 74.000 vues en moins de trois jours, suscitant l’émoi au sein de l’opinion national et international. La réaction du gouvernement ne s’est pas fait attendre et elle était contradictoire selon que tel ou tel autre ministre prenait la parole.

Depuis deux semaines, la capitale tchadienne est perturbée par de mouvement de contestations lancé par des lycéens. A l’origine, une décision imposant le port des casques aux motocyclistes. Les arguments avancés contre cette décision sont la flambé des prix des casques, la chaleur, et les risques de contamination. La manifestation est arrivée à son point culminant le 09-03-15, où les lycéens se sont mobilisé par SMS pour un grand mouvement afin de contraindre le gouvernement de revenir sur sa décision. La réaction des forces de l’ordre a été disproportionnée. Les quartiers Ardep-djoumal, Kabalaye et Moursal se sont vu quadrillé par la police qui a lancé à tout vent des bombes lacrymogènes, arrêté des lycéens et aurait même tiré à balle réelle. Bilan : un mort (un jeune étudiant en Droit, Hassan Daoud), de nombreux blessés et un bus universitaire incendié. Plusieurs associations et organisations de lutte pour les droits de l’homme avait déjà dénoncé dès le lendemain des manifestations, le mauvais traitement infligé par la police aux lycéens et étudiants ainsi que des arrestations massives. Des allégations réfutées par la police qui dénonce des agressions subites par ses agents en mission. Deux jours plus tard, des séquences vidéos ont fait le tour d’Internet montrant des policiers en treillis – avec l’uniforme du GMIP – maltraitant des élèves torses nus arrêtés lors de la manifestation, les obligeant à se rouler dans le sable avant de leur donner des coups de fouet. Désormais, il y a très peu d’échappatoires pour le gouvernement, qui n’a autre issu que de réparer les préjudices causé en sanctionnant avec la dernière énergie des homme censé protéger leurs concitoyens mais qui malheureusement les séquestrent au besoin. Etant témoin des fait, l’opinion internationale et le peuple tchadien en premier, doit veiller à ce que toute la lumière soit faîte sur cette situation pour que justice soit rendu.

Rebelote, le port du casque pour les motocyclistes s’impose à N’Djamena !

En 2012, lorsque pour la première fois le port des casques était rendu obligatoire pour les motocyclistes, la décision semblait être bien accueillie au sein de la population N’Djamenoise qui pourtant s’en est vite lassé à cause de l’acharnement, pour ne pas dire du racket, de la Brigade de la Circulation Routière. Un peu plus d’une année plus tard la décision qui imposait le port du casque a été levé pour des raisons de sécurité, à cause de la menace Boko-Haram, au grand bonheur des motocyclistes qui en voulaient à mort Ahmat Bachir, le ministre de l’intérieur d’à lors. Deux ans plus tard, le 1er Mars 2015, une décision remet en vigueur l’obligation du port des casques pour les motocyclistes. Une bonne décision mal tombée au sein d’une population mal sensibilisée. Questionnement autour d’une décision qui pouvait faire partir mon pays en fumée.

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Bus incendié lors des manifestations du 09-03-2015 – Image publié sur le mur facebook de Sabre Naïdeyam

Nous sommes le Dimanche 1er Mars 2015, pour une seconde fois, une décision obligeant le port des casques aux motocyclistes entre en vigueur. Une décision qui est loin de faire l’unanimité des N’Djamenois. « Aujourd’hui, on vous oblige de porter votre casque, demain on vous l’interdit, après demain on vous oblige de nouveau, je ne respecterais pas cette décision (…) » Se lamente Innocent, un jeune motocycliste du quartier Moursal. Un peu plus loin deux jeunes motards en plein allure zigzaguent l’Avenue Mobutu afin d’échapper aux policiers qui tentent sans succès de les arrêter. Il est donc clair que les motocyclistes ont été mal sensibilisés sur l’importance du port des casques, et en plus ils dénoncent déjà une raison de plus pour les policiers d’opérer des rackets. La question qui se pose sur toutes les lèvres est pourquoi oblige-t-on le port du casque qui était pourtant interdit à cause des rumeurs qui laissaient entendre que des terroristes de Boko-Haram pouvaient se cacher derrière les casques pour ne pas se faire identifié ? Des raisons, tout le monde voulaient en avoir car la majeur partie des motocyclistes sont d’accord que le casque est pour eux une protection, mais pourquoi l’imposer et en faire une priorité pour la police, pendant que plusieurs quartiers de la capitale sont laissée à la merci des malfrats de tout genre.

Alors, le port du casque serait-il une priorité pour le ministre de l’intérieur?

Un facebookeur tchadien a partagé un post, où il assimilait le gouvernement actuel à une cuisine. « Chacun concocte le plat qu’il veut, avec la recette qui lui sied et fini par s’en aller avec toute sa vaisselle ». Comme ci le port du casque était une priorité, on l’impose suivant une décision puis on le met en exécution avec une forte mobilisation de la Brigade de la Circulation Routière, puis de tout les corps de la police, la gendarmerie et la garde nomade s’invite à la danse suivant que la mobilisation qui contre la décision est plus grande. De l’autre côté, nous avons une partie de la population délaissée à son triste sort sans protection face au banditisme et au brigandage. A-t-on pris la peine de faire des affiches, des panneaux ou encore des banderoles pour sensibiliser les usagers des motocycles à porter des casques ? A-t-on formé la police à amener amicalement la population à adhérer à cette décision ? Tout porte à croire qu’il y a des en dessous. Certains y voient la main de commerçant véreux voulant écouler les stocks de casques faîtes lors de la première décision. D’autres plus stratèges pensent que le gouvernement tentent de détourner l’attention de la population vis-à-vis de Boko-Haram, car partout les gens ne font que parler de ça et il faut éviter la loi de l’attraction. Plus on en parle, plus on en donne de l’importance et plus on s’en rapproche.

Et les élèves ont-ils le droit de s’insurger ?

Au Tchad, l’inégalité sociale s’en va croissante. Une grande partie de la population reste pauvre malgré la manne pétrolière. Une réalité qu’il faut pourtant vivre pour l’accepter face aux tapages médiatiques du « Tchad prospère ». Alors, comment voudrez-vous obliger un parent d’élève d’acheter un casque qui vaut plus de trois jours de ration pour sa famille ? Le casque qui se vendait à 4000FXAF a connu une flambée de prix et coûte jusqu’à 15000FXAF avec l’annonce de l’obligation du port de casque. D’aucun parle de la loi de l’offre et de la demande. Alors pourquoi n’a-t-on pas pris les dispositions qui s’en imposent afin de faire respecter les prix. Il y a vraiment de quoi pousser la population dans les rues. Les élèves ont donc bien eu raison de le faire, mais leur méthode a fini par ôter toute crédibilité à leurs actes. Là encore, il faut vraiment chercher à savoir si ces sont des vrais élèves, des vrais-faux élèves ou tout simplement des faux élèves qui se sont mis à vandalisé les biens publiques jusqu’à incendier un bus universitaire.

La police a-t-elle le droit de mâter les élèves comme elle l’a faîte ?

Cinq morts et plusieurs blessées parmi les élèves, seraient le bilan des protestations contre le port des caques, lancé les 03 et 09 Mars 2015. Un bilan revu très en baisse par des sources sécuritaires qui voient en ces manifestations des mains agitatrices. Le Gouvernement reconnait qu’un étudiant a été tué, percuté, par un bus universitaire. Le message est clair, les forces de l’ordre ne fléchiront pas. Ils materont à l’endroit et au moment venu. Pour l’instant, écoles, lycées et universités de N’Djamena sont fermés jusqu’à nouvel ordre.

Centrafrique: Un coup de fil pas comme les autres

Bangui, un soir d’Octobre 2013, il était minuit, au moment où j’allais me débarrasser du dernier bourdonnement des moustiques pour plonger dans mon sommeil, mon téléphone se mit à vibrer. Un appel anonyme, le numéro était masqué. A l’autre bout du fil, une voix féminine me fit patienter. L’agréable voix était celle d’une Européenne. Un homme repris le téléphone, la voix me sembla familière.  Je n’osais pas croire à l’idée de la personne à qui j’associais la voix. François Hollande, l’homme qui veut intervenir par procuration en Centrafrique.

Le président Hollande au téléphone © http://www.bvoltaire.fr/
Le président Hollande au téléphone © http://www.bvoltaire.fr/

Etes-vous bien celui qui se fait appelé Legeekdusud ? Me demandait Monsieur Hollande. Oui, oui… Oui Monsieur Hollande, oui son Excellence. Balbutiais-je en répondant. Il enchaîna en m’expliquant le pourquoi du coup de fil, qu’il lisait mon blog et qu’il voulait avoir des témoignages sur la situation centrafricaine auprès des gens qui comme moi vivent ses réalités. Il parlait plus distinctement que quand je l’écoutais à la radio ou à la télé. Il tenait un discours semblable à celui du 24 Septembre 2013, à New-York, devant l’assemblée générale des Nations Unies. Il avait encore réaffirmé sa crainte de voir la Centrafrique se transformer en Somalie. Nerveux, je l’écoutais et j’acquiesçais quand il le fallait sans trop parler. C’est alors qu’arrivais ses interrogations. Il voulait avoir mon opinion.

Monsieur le Président, la Centrafrique court sur les pas du Rwanda, de son génocide. Souvenez-vous, la FIDH (Fédération Internationale des Droits de l’Homme) dénombrait déjà 400 meurtres, il y a quelques semaines. Ces dernières semaines il y a eu Bohong, Bouca, Bossangoa…et Bangassou est en cours, et j’espère que les 140 soldats déployés en toute urgence sur les lieux par la Fomac (Force Multinationale des Etats d’Afrique Central) parviendront à apaiser la tension. Combien de morts pensez-vous qu’il a en ce moment ? Combien de fosses communes ? Combien de personnes mortes, tuées dans l’anonymat total ? Pendant que vous tergiversez, les gens meurent Monsieur le président, m’emportais-je. La Centrafrique est loin  de devenir une somalie comme vous le pensez, car les acteurs du moment sont maîtrisables, et ce rien que par la France et le Tchad, comme ça été pour le Mali, s’il y a une bonne volonté.  Il faut accompagner financièrement la transition et avoir la garantie absolue de son président qu’il ne se présentera pas à la prochaine présidentielle. Monsieur, vous devez faire pression sur les Etats dont les troupes forment la Fomac, la naissante Misca (Force Africaine en Centrafrique), afin qu’ils restent neutres et fassent le boulot attendu par toute la communauté internationale. J’apprécie bien les opérations de désarmements qui sont en train de se faire. Le seul souci est que ces opérations ne devraient pas être ciblées. Bangui doit être fouillée de fond en comble, c’est une poudrière depuis Patassé à Djotodia en passant par Bozizé. Des armes de tout calibre y circulent. Bangui est donc une bombe qui peut exploser à tout moment, il est urgent de la désamorcer.

La crise Centrafricaine a pris une allure confessionnelle. Il faut arriver à réapprendre aux chrétiens et musulmans à vivre en toute fraternité. D’où la nécessité de désactiver tous les politiciens qui tentent d’instrumentaliser la situation. Une situation déjà très grave. L’ONU (Organisation des Nations Unies) a l’obligation d’intervenir en ce moment, car il y a urgence. J’ai peur qu’un jour, il ait un film Hôtel Centrafrique, du genre Hôtel Rwanda. Alors les représentants onusiens de Bangui doivent sortir des bureaux climatisés, des hôtels haut standing telle la Bangui Ledger Plazza, pour aller sur le terrain et relater les faits réels pour remonter le cri d’un peuple qui se meurt chaque jour un peu plus en attendant qu’une résolution soit prise par des puissants pays qui on sait plus hésitent ou ont peur de s’investir dans un problème qu’ils n’estiment pas être le leur.

Je sentais ma tension s’augmenter, plus les rares images de l’église de Bossangoa, venant de quelques reporter, vu sur internet me revenais à l’esprit et plus j’avais une grosse gueule. Monsieur le président, s’il vous plait, demandé à la CPI (Cour Pénale Internationale), d’ouvrir des enquêtes sur les massacres. Sinon qu’allez-vous dire aux victimes de Boy-Rabe, les amputés de Bouca, aux « exaspérés » du Tarmac de l’Aéroport de Bangui M’Poko. Oui je sais, vous penserez que ce n’est pas vraiment votre problème. Alors que foutent les troupes de l’infanterie chasseurs de l’Alpin sur le sol Centrafricain ? Ils sont là pour sécuriser les intérêts et les ressortissants de la France. Tout de même ils sont témoins de la situation. Ils sont d’ailleurs mieux informés que moi demandez-leur qu’ils vous apportent témoignage. Oui, des gens meurt et mourront encore, si ce n’est par les balles des éléments de l’ex-Séléka, ce serait sous les coups des machettes des « antis balaka » -Balaka veut dire Machette en Sango- sinon encore ce serait la malaria, les maladies occasionnées par la condition de vie précaire des Centrafricains et la famine qui les tuera tous. Continuez à hésiter Monsieur le président et vous aurez des chiffres !

Mon téléphone s’est brusquement éteint, la batterie était déchargée. Je me noyais dans ma sueur. Mon draps était tout trempé, l’électricité n’était pas toujours rétablit. Je venais de réaliser que j’avais rêvé et que je parlais à Monsieur Hollande dans mon rêve. Au moins j’ai pu me défouler et crier haut les douleurs d’une Syrie oubliée, qui tente de sortir de l’anonymat.

 

(*) Article purement fictif. Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

Je suis tchadien, musulman… mais pas Séléka

Depuis le 24 Mars 2013, une confusion plus pesante que ce qui en était s’est emparée de Bangui. Les Centrafricains tiennent leurs frères Tchadiens avec des pincettes, car on a l’impression que quand deux Tchadiens se suivent, le second est un Séléka. Dur de se voir coller gratuitement un tel cliché, quand on est Tchadien et surtout innocent de toutes ces histoires politico-militaires.

Credit image: afriquenewsblog.wordpress.com
Credit image: afriquenewsblog.wordpress.com

Ex-territoires de l’Afrique Equatoriale Française (AEF), le Tchad et la Centrafrique ont battis leur relation aussi bien sur la base de la politique française de l’époque coloniale, que sur les liens fraternels qui existent entre leurs peuples. Derrière cette fraternité si vantée par tous les leaders politiques des deux pays, se cache pourtant un dédain mutuel qui peine à se voiler à force que le temps passe. Beaucoup de Centrafricains pensent que le Tchad à travers son chef d’Etat actuel s’ingère de trop dans les affaires Centrafricano-centrafricaines. Dans les taxis de Bangui, je ne cesse d’entendre cette musique que chantent les passagers exaspérés pars les exactions de la Séléka : « Ces Tchadiens ! Ils nous ont arrachés notre pays », « C’est des sanguinaires, ces Tchadiens », « Déby nous le payera ». Une rumeur a même donné pour mort le président Déby, à la deuxième journée du coup de force qui a propulsé au pouvoir Djotodia. Mais pourquoi tant d’amalgame ?

1.      La nationalité

Le Tchad et la Centrafrique partage en commun plusieurs groupe ethnique. Les deux provinces limitrophes, Sido Tchad et Sido RCA,  forment une bonne illustration de la situation. La facilitation des migrations entre les deux pays, hormis les accords CEMAC, la porosité des frontières ont permis à beaucoup de Tchadiens de s’établir en Centrafrique. Situation réciproque pour les Centrafricains.

Au Tchad, nous avons des Kaba, des Sara, des Rounga… La Centrafrique en a aussi. Des peuples qui vivent entre les deux frontières. Qui ont l’une ou l’autre nationalité selon qu’ils sont plus adaptés à l’un ou l’autre pays. Il y en a qui sont Tchadiens au Tchad et Centrafricains en Centrafrique, donc détenteurs des deux nationalités. Voilà comment un Tchadien vivant à N’Djamena peut avoir sa grand-mère centrafricaine résidente à Batangafo. C’est du presque : un peuple, deux nationalités. En parlant des zones frontalières Tchado-Centrafricaine.

2.      La religion

Le Sud du Tchad est majoritairement composé de Chrétiens. Beaucoup de Centrafricains s’y sont établis pendant et après la colonisation française. A Sarh, dit-on, le Sango servait de langue véhiculaire. La dénomination d’un des marchés de Sarh est un des stigmates. Kétté gara (Petit marché, en Sango). La sanglante guerre civile, qui a ravagé le Tchad pendant plus de trente années, a favorisé la migration de nombreux ressortissant Tchadiens vers la Centrafrique.  Nombreux sont ceux qui ont fini par s’établir définitivement sur le territoire Centrafricain. Au fil des années, une sorte de nouveaux Centrafricains (d’origine tchadienne) a vu le jour. Si les parents Sara, donc ressortissants du Sud du Tchad sont facilement intégrés, il n’en est pas de même pour les Nordistes tchadien qui ont choisi la Centrafrique pour exil. La Centrafrique est laïc mais largement chrétienne. Les musulmans sont presque souvent considérés comme des occupants. Néanmoins, ces Nordistes finiront par s’y établir en ayant comme base le quartier Kilomètre Cinq, qui est considéré comme le poumon économique de la Centrafrique.

3.      La RCA, perdante des enjeux socio-économiques ?

La Centrafrique est un pays à économie fiscale. Une économie qui se repose donc grandement sur le contribuable centrafricain et l’exportation du diamant. Les commerces sont tenus par des étrangers. Notamment les Tchadiens. Un monopole qui joue en défaveur de la Centrafrique sur le plan socio-économique. Quand les commerçants musulmans font la grève, la Centrafrique le sent jusqu’à sa moelle épinière. Un secret de polichinelle que tous les pouvoirs qui étaient en place ont eu beaucoup du mal à voiler. Il faut faire un tour au marché, le vendredi à l’heure des prières musulmanes ou même les jours de fêtes musulmanes, pour s’en rendre compte. Un enjeu de taille pour lequel les Tchadiens centrafricainisés jouent le jeu, au détriment d’un peuple autochtone qu’ils ont fini par asphyxier. Un ami Tchadien me confiait, Ce ne sont pas de bons commerçants. Ils ne savent pas faire du commerce. Tout leur problème vient de là. Dur à avaler que tout le problème centrafricain existe parce que les molengué ti kodrö – les vrais fils du pays- ne savent pas faire du commerce. Mais hélas quand on y regarde de plus près, il pourrait bien être un des facteurs. Les autochtones ont abandonné le commerce au profit des étrangers. Tout le monde aimant travailler dans l’administration.

4.      La composition de la rébellion Séléka

Si j’ai les critères nets d’un Séléka (hormis que je n’ai pas de longs cheveux ébouriffés), c’est à cause de sa composition. Très hétéroclite, la Séléka est composée de seigneurs de guerre Centrafricains, Tchadiens et Soudanais. Devant tous les étrangers vivants en Centrafrique, les Tchadiens sont la masse la plus importante. Ils sautent tout de suite à l’œil, donc perçus comme plus nombreux au sein de la Séléka. Nous aurons plus la bonne cohabitation qui existait entre nous et les Centrafricains, regrette un vieillard Tchadien, face aux exactions de la Séléka. Une situation qui met en mal de nombreux tchadiens comme moi qui plaident contre des mauvaises actions, perpétrées par un groupe d’individus formé par les politiques centrafricains, eux-mêmes, qui ternissent l’image du Tchad entier.

Michel DJOTODIA, symbole de la laïcité Centrafricaine ?

Tel Jésus à Jérusalem, Michel DJOTODIA a fait son entrée à Bangui un dimanche d’avant pâques. La fête des rameaux de ce 24 Mars 2013 marquera ainsi en Centrafrique la chute de François BOZIZE. DJOTODIA devient le nouvel homme fort de RCA (République Centrafricaine), quoique propulsé par un coup de force.

Avant Michel AM-NONDROKO DJOTODIA l’autoproclamé président de la république, la Centrafrique a connu d’éphémère musulman comme chef d’Etat. Jean Bédel Bokassa qui était pour un moment Salahdine,  et de même Ange-Félix PATASSE, son premier ministre de l’époque qui était pour sa part Moustafa. Beaucoup prédisaient l’islamisation du défunt empereur comme étant une ruse pour faire les yeux doux à Kadhafi. Ce qui se montrera très vite avérer à l’aune de sa renonciation à l’islam. DJOTODIA est donc le premier président musulman Centrafricain.

La première prière du vendredi

Vendredi 29 Mars, cinq jours après son coup de force, DJOTODIA arrive à la mosquée Centrale de Bangui pour la grande prière hebdomadaire. Vive émotion au sein des fidèles qui ne cessent de lancer des Takbirs – le fait de dire Allahu Akbar –. Malgré l’insistance de la foule et des journalistes présents qui ont voulu avoir de lui quelques commentaires, l’homme s’en est réservé en prétextant qu’il était à la mosquée et qu’il ne pouvait pas y parler politique … « car Dieu déteste le mensonge ». Ni plus, ni moins il a rappelé qu’il ne voulait la paix, rien que la paix. Des propos qui s’adressent vraisemblablement à la majorité chrétienne qui semble redouté des représailles de la part des compatriotes musulmans. Des mesures devront être prises pour éviter des affrontements inter-religieux.

Marche de soutien, discours mesuré

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Copyright photo: Salim Azim ASSANI

Samedi 30 Mars 2013, près de 4000 personnes marchent jusqu’à la place de la République pour exprimer leur soutien au SELEKA et à Michel DJOTODIA. Devant une foule qui n’a pas la même promptitude que celle à laquelle faisant face François BOZIZE, mais dont il semble avoir l’onction, DJOTODIA a tenu à jouer la carte de l’assurance tout en comptant sur l’aide de la France et des Etats-Unis. « (…) Je demande pardon à Dieu (…) il n’y aura pas de chasse aux sorcières (…) » discourt le natif de Bambari, qui promet en plus de rendre le pouvoir après la période transitoire. Sera-t-il à mesure de joindre ses propos aux actes ? Seul l’avenir nous le dira.

(Article entièrement publié depuis mon smartphone)

« Nouveaux Centrafricains »… pas de passeport pour vous !

 L’introduction du passeport biométrique en Centrafrique, comme le veut le projet de libre circulation des biens et des personnes en zone CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Central), pose un véritable problème pour ceux que j’appelle les « nouveaux Centrafricains ». Des personnes que la commission de délivrance des passeports considère comme des outsiders dans cette course, où même les véritables fils du pays n’en sortent pas sans égratignure. Suivez comment les noms et ou la religion déterminent si on est citoyen d’un pays ou pas.

 

Crédit image: http://radiondekeluka.org

 Le monopole du commerce Centrafricain est tenu par des étrangers, majoritairement musulmans, venus du Cameroun, du Liban, du Mali, du Sénégal, du Tchad… Des ressortissants étrangers  qui se sont installés dans le pays de Boganda il y a plusieurs décennies. Cette communauté a donné naissance à une nouvelle génération de « nouveaux Centrafricains ». Nationalité chèrement acquise par le droit à la terre de naissance.  Le pays est laïc et la cohabitation entre les différentes religions est plus ou moins bonne, quoiqu’il y ait très souvent des heurts intercommunautaires. Normal n’est-ce pas ?

Ces  dernières années,  à cause de la porosité des frontières Centrafricaines et aussi de la corruption, plusieurs ressortissants étrangers se sont faits délivrés des pièces d’identités du pays en belle et dû forme sans passer par les voies normales.

Depuis, les autorités Centrafricaines, avec l’introduction du passeport biométrique ont fait durcir les procédures d’obtention de ces précieux documents de voyage. Une commission spéciale a été mise en place. Laquelle commission est directement rattachée au Secrétariat Général d’État. Les demandeurs de passeport ayant des noms à consonance étrangères [spécialement les Ali, Aboubacar, Muhammad, … vous avez tout compris;)] passent de longues séances d’interviews afin de déceler d’éventuels imposteurs.

 Des vrais faux citoyens

 En Centrafrique, le premier indicateur de nationalité est le Sangö, une des langues nationales avec le français. Ici tout les vrais fils du pays « sangolisent » – parlent sangö -. Nombreux sont les ressortissants étrangers qui se font des pièces d’identités sur l’étal public, avec la complicité de véreux agents de la Sûreté National,  à peine qu’ils entrent dans le pays. Ces étrangers se retrouvent dans la plupart des cas bloqués par la langue ; premier indicateur comme je l’ai déjà souligné. Cette dernière situation ne les permet pas, en toute évidence, de sortir indemnes des mailles de la police Centrafricaine, lors des nombreuses contrôles de routines comme il en est le cas par ici.

 Tracasseries obligent

 Les ressortissants de la zone CEMAC sont dispensés de visa d’entrée en Centrafrique. Hormis le Tchad, autres citoyens ressortissants de la sous-région sont dans l’obligation de faire délivrer un titre de séjour après trois mois de résidence sans sortie du territoire Centrafricain. Des accords, qui comme d’habitude en Afrique, ne sont bons que sur le papier. Il suffit d’une promenade au Km5 ou au PK12 pour s’en rendre compte. Vous aurez certainement compris une leçon sur ce que c’est une arrestation arbitraire. Ces tracasseries obligent bon nombres d’étrangers en Centrafrique à s’adonner à la corruption pour se faire délivrer des « vraies fausses » pièces d’identités. Ils ne sont pas sortis de l’auberge malgré tout ça.

 Des mesures pourtant contournées…

Rendre hermétique les frontières Centrafricaines n’est pas une évidence pour les autorités du pays. Cependant, il faut à tout prix contrôler le flux migratoire. Les solutions pour lesquelles ces autorités semblent opter sont : la multiplication des check-points, là où c’est possible, à travers tout le pays et le durcissement d’obtention des pièces d’identités légales pour tous les noms à consonances étrangères. Cette dernière mesure est très facilement contourner par des hors la loi qui tiennent coûte que coûte à profiter de la défaillance Centrafricaine en matière d’administration du territoire nationale. Ali FRANCKLIN, Muhammad NAMBONA… Tels sont les nouveaux noms qu’on peut trouver en Centrafrique. Des noms Gbaya, ethnie d’origine de l’actuel Chef de l’État, qui troublent suffisamment la commission de délivrance des passeports.

 Les dommages collatéraux

 Nombreux sont les victimes du cache-cache entre « faux  centrafricains » et les forces de l’ordre. Des lésés qui ne savent à quel diable crié leurs mécontentements. Ils sont pour la plupart des Centrafricains, des véritables fils du pays nés soit de parents Centrafricains « purs sangs » mais islamisés, soit encore des bénéficiaires du sol de naissances. Les demandes de passeport émis par cette couche de citoyens relèvent très souvent d’une bagarre administrative. J’ai même fournis une photo de mon grand-père aux côtés du président BOGANDA au temps du MESAN (Mouvement pour l’évolution sociale de l’Afrique Noire)… ils n’ont pas voulus m’entendre. Témoignent un des demandeurs. Je pense que je repartirais au Tchad où mon grand-père est originaire, continu-t-il. La plupart des demandeurs sont des étudiants et ou des fonctionnaires au service de la Centrafrique. L’alternative qu’ils trouvent le plus souvent pour entrer en possession d’un passeport et le retour vers leurs pays d’origine.

Entre la rude bataille contre les « faux citoyens » et la fuite des cerveaux, l’État Centrafricains doit choisir entre se faire frapper par le marteau ou se cogner contre l’enclume, quand on sait que le pays connaît une baisse croissante de niveau.

Au fil des relations libres de Bangui

Les poncifs que les étrangers vivant en Centrafrique  collent au beau pays de Bokassa, sont celle d’un pays où le libertinage, la paresse, le vol et j’en passe sont de prime. Ces banalités qui ne contribuent en aucun cas à la reconstruction de la belle image d’antan de la Centrafrique s’avèrent malheureusement dans les faits quotidiens de la plupart des Centrafricains. De l’hypocrisie sentimentale, à la prostitution intelligente, les armes sont très fatalement utilisées contre les proies faciles.

L'affront

 

La seule chose qui retient les gens à Bangui ces sont les filles. Me confit un ami, haut dignitaire de la république. Si jamais quelque chose déménageait toutes les filles de Bangui à Zongo, tu verras qu’il y aura un bouchon d’hommes à l’aéroport et le pays se videra continu-t-il. La caricature est choquante mais elle illustre bien cette situation qu’on ne peut nier. Juste là, sous nos yeux, nos amies, nos sœurs, nos filles… se prostitues contre de minables sommes, de véritables prix de la honte. L’affront est là tous les jours dans nos maisons. Nos « cœurs morts » supportent les va-et-vient de ces nombreux soupirants de nos sœurs, intelligemment prostituées. Chaque jour, un nouvel amant. L’amour n’existe que de nom, au profit de la trahison perpétuelle. De  relation libre en relation libre, les filles s’adonnent par cupidité, et de fois contraintes par la conjoncture, à tout ogre pourvu de billets verts. « Relation libre » ce statut matrimonial très utilisé sur facebook l’est aussi à Bangui.

Oisifs, les jeune gens d’ici s’adonnent à de pratiques peu orthodoxes. S’ils ne sont pas « godobé* », ils suivent de hautes études nocturnes dans la cour des voisins peu vigilants. Les honnêtes Centrafricains sont malheureusement associés à cette salissante image d’étudiant (voleur, dans l’argot Centrafricain). D’autres jeunes plus ingénieux profites des relations de leurs sœurs (toutes les filles sont leurs sœurs) pour se frayés, à n’importe quel prix, un chemin vers la réussite. J’ai même appris que beaucoup se faisaient des relations en s’envoyant en l’air avec des personnes bien placées dans les ambassades françaises européennes de Bangui pour obtenir un visa Schengen.

L’Etat lui-même n’est pas du reste dans ce jeu de « relation libre », quand un neveu veut descendre l’oncle bienfaiteur de mèches avec de nouveaux courtisans. Quand l’oiseau du gouvernement ne peut sauter de branche en branche comme auparavant et surtout pour aller se faire soigner. Bien entendu, cette situation l’exécutif et la société civile en sont pour quelque chose. Que ceux qui ont des yeux lisent et comprennent la situation Centrafricaine.

DSK biaise la garde, Christine l’a garde

DSK

 

Il y a de cela quelques semaines, Dominique STRAUSS-KHAN (DSK) tombait du sommet du Fond Monétaire International (FMI), éclaboussé dans un scandale sexuel avec une femme de ménage, originaire de Guinée. La France a perdu avec la démission de l’ex patron du FMI un poste stratégique du point de vue de l’économie mondiale. L’Union Africaine (UA) a voulu sauter sur l’occasion orchestrée par une de ses ressortissantes (Nafissatou DIALLO la femme de ménage en question). Christine LAGARDE, la ministre française de l’économie a su garder ce grand poste pour la France de Sarkozy, grâce –comme toujours- au soutien de bon nombre de pays Africains.

L’affaire dite « DSK » est encore fraîche dans les mémoires, puisqu’elle est en cours. Elle a fait perdre le Nord au socialiste qui se voyait presqu’à la tête de la République « très politique » Française. N’eue été Christine LAGARDE, l’Europe pouvait dire bye-bye à la Direction Générale du FMI. L’Union Africaine (UA) en lançant une annonce pour obtenir le soutien de son candidat voulait mettre un terme au règne de l’Europe. L’Union Africaine affirmait même dans un communiqué : « Il est temps à présent pour un non-Européen, particulièrement un Africain, d’être à la tête du FMI ». Le continent africain exprimait ainsi son désir de mettre fin à l’accord tacite qui voulait d’un européen à la tête de cette institution monétaire mondiale. Les dirigeants Africains n’ont pas pu tous parler « africain » et le Sud-africain Trevor Manuel, unique candidat potentiel, pressenti un moment comme étant le candidat des pays émergents, n’a pu être présenté. En revanche, comme pour contribuer à la libération de la France sous occupation, de nombreux pays africains ont donné leur soutien total à Christine LAGARDE la candidate française. LAGARDE disait sur son compte twitter : « Nouveaux venus: j’ai reçu ce matin deux magnifiques lettres du Tchad et du royaume de Bahreïn ». Le Tchad qui comme le  18 Juin 1940 était le premier pays Africain à répondre favorablement à l’appel du Général DEGAULLE depuis Londres, s’est empressé de donner une fois de plus son soutien à la France qui voulait de l’aide africaine. Pour ce cas, il n’était pas question de la guerre, mais de diplomatie. Que peut un petit Etat comme le Tchad, qui d’ailleurs a une diplomatie réputée médiocre, déjà même dans la sous région ? Que cherche le gouvernement Tchadien en soutenant LAGARDE et non, le Mexicain Agustín CARSTENS, son unique challenger ? Certainement des histoires de « sous-sols » trémoussent avec ces soutiens, des contreparties où nos pays du Sud seront toujours lésés.

Christine LAGARDE

La réélection de LAGARDE a suscité une source d’espoir pour le ministre centrafricain des Finances, Sylvain NDOUTINGAÏ qui voit en elle (…) la personne la mieux indiquée qui maîtrise les questions africaines et particulièrement la sous région CEMAC (ndlr). Certainement c’est un sentiment partagé par tous les dirigeants des pays de la sous région CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale).

La désignation de Christine LAGARDE à la tête du FMI est, à mes yeux, la défaite des pays émergents face au G8 (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada et Russie), et plus particulièrement l’UE (Union Européenne). Les pays émergents n’on pas su déboulonner l’accord tacite  qui veut d’un Européen à la tête du FMI. Au détriment du Sud-africain Trevor Manuel, et du Mexicain Augustin Carsten, Christine Lagarde empochera du FMI, un salaire annuel estimé à plus de 551.700 dollars. Elle fera également bénéficier à son pays, la pérennité du pouvoir de décision au sein de l’organisation. Entre temps, DSK est entrain d’être blanchit des accusations porté contre lui. Espérons qu’il ne continuera pas de confondre les sigles du FMI à « Femme de Ménage Incluse ». Affaire à suivre.

TAHRIR ou la révolution moderne

Des manifestants tunisiens aidant ceux de l'Egypte

 

Une révolution exportée, des dictatures masquées en démocratie qui tombent une par une. Le monde arabe se réveille avec l’exaspération du peuple tunisien qui a fait partir du pouvoir et de la Tunisie le 15 Janvier 2011, l’ex Président Ben Ali. Le vendredi 10 Février, à 18h quand j’avais mis en marche ma télévision (Al Jazeera), on m’apprend que Moubarak aussi s’en est allé du pouvoir, la confiant à l’armée. Mon arabe n’étant pas très pointu, j’ai démarré mon pc et que des titres : « Egypte: Moubarak s’en va, les Egyptiens plein d’espoir » dit le site www.20minutes.fr, « Egypte : ambiance survoltée place Tahrir au Caire » c’est le site de TF1. A la radio, RFI que j’avais capté faisait revenir l’info en boucle, mieux encore, une édition spéciale y est consacrée. Ça y est, mon cœur était net et j’ai eu la conviction que la voix du peuple Egyptien s’est fait entendre comme celle de la Tunisie bien avant elle.

Nuit et jour au service de la révolution (Source: rfi.fr)

Tout ces événements m’ont fait penser à une conversation engagé dans un de ces taxis de Bangui avec un inconnu qui me disait : « pour qu’il ait une élection transparente en Afrique, il fallait faire passer les différents candidats régions par régions, villes par villes et quartiers par quartiers ainsi chaque votant s’alignera physiquement derrière son candidat au vue et au su de tous et les comptes s’en suivront ». Drôle n’est ce pas ?  Moi je me dis c’est ce qui se passe depuis le début de cette année, est-ce sous l’effet de mes vœux ? Non dirais-je, c’est de la révolution moderne. Pas de guerre, pas d’arme, juste l’expression des opinions et une forte mobilisation. Une mobilisation à la Place Tahrir c’est ce qui a fait partir du pouvoir, après dix huit jours, l’autocrate Housni Moubarack qui voulait coûte que coûte diriger la destiné d’un peuple malgré que celui-ci se lassait de lui. La révolution maghrébine est un témoin du réveil du peuple africain, un cri d’alarme aux dictatures africaines et une mise en garde contre l’ingérence occidentale. Sur le continent souffle le vent du cinquantenaire des indépendances, une sorte de flambeau qui illumine l’esprit de la jeunesse africaine d’espoir, de courage et surtout de témérité tels les pères de la négritude à prendre en main leur destin. En ce moment, le pouvoir de Bouteflika est en alerte, la nouvelle donne contamine pays par pays. Les dirigeants les plus véreux devraient mettre leur pays en quarantaine pour pouvoir échapper à ce mal nécessaire.

 

Place Tahrir: Le peuple egyptiens manifestant sa joie (Source: rfi.fr)

Si beaucoup ont cru et essayent de faire croire aux autres que le pouvoir c’est la force et les armes pour réprimander le peuple, eh bien les choses ont changé depuis le soulèvement du peuple Tunisien. On sait déjà que le peuple est maître de son destin et le mot démocratie a tout son sens désormais «Pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple» !

Bozizé maintenu au pouvoir avec 66, 08% des suffrages

Il était 22heures dépassées à Bangui, quand le Pasteur BINGUIMALE, président de la CEI, annonçait les résultats des élections présidentielles du 23 janvier devant tous les représentants diplomatiques présent à cet effet. François Bozizé YANGOUVOUNDA, le troisième BO (après BOganda et BOkassa) de la République centrafricaine a une fois de plus gagné la confiance de ses compatriotes, et s’en est sorti dès le premier tour avec 66,08% des suffrages. Une véritable gifle infligée à l’opposition qui contestait déjà les résultats avant leurs délibérations. Ange Félix PATASSE, le barbu arrive en deuxième position avec seulement 20,10%, suivi de son ex-compagnon ZIGUELE Martin, qui lui obtient 6,46% des voix. NAKOMBO Emile Gros Raymond le successeur du grand K (KOLINGBA) et DEMAFOUTH Jean Jacques l’ex patron des rebelles de l’APRD (Rébellion ayant signé les traités du DDR) arrivent en queue de liste avec respectivement un pourcentage de 4,46 et 2,72.

La tension calme qui régnait après les délibérations de ces résultats n’était pas attendue par bon nombre des habitants qui la prévoyaient plutôt tendue. Aussitôt les résultats donnés les partisans du parti KNK qui a sa tête KANGARA (surnom du Président BOZIZE) sont sorti manifesté leur joie. Qui en klaxonnant, qui en tapant sur des couvercles de marmites, qui en criant… Mais chacun a tout de même gardé sa sérénité et jusqu’à là pas de gravité à signaler.

La Cour Constitutionnelle a cinq jours, selon la loi électorale,  pour statuer sur les résultats. Malgré que l’opposition conteste la réélection de BOZIZE, l’ancien locataire du palais de la Renaissance, Ange Félix PATASSE pour qui  la Centrafrique vient « de subir un second coup d’Etat après celui du 15 mars 2003 », a appelé ses partisans au calme et entend utiliser les moyens légaux pour restituer la légalité.  J’espère bien que tout continuera à aller pour le mieux, vu que l’UA a déjà assez de problème avec la Côte d’Ivoire, la Tunisie et l’Egypte. Que Dieu garde la Centrafrique !