Catégorie : Politique

Le président Hollande au téléphone © http://www.bvoltaire.fr/

Centrafrique: Un coup de fil pas comme les autres

Bangui, un soir d’Octobre 2013, il était minuit, au moment où j’allais me débarrasser du dernier bourdonnement des moustiques pour plonger dans mon sommeil, mon téléphone se mit à vibrer. Un appel anonyme, le numéro était masqué. A l’autre bout du fil, une voix féminine me fit patienter. L’agréable voix était celle d’une Européenne. Un homme repris le téléphone, la voix me sembla familière. Je n’osais pas croire à l’idée de la personne à qui j’associais la voix. François Hollande, l’homme qui veut intervenir par procuration en Centrafrique.



Je suis tchadien, musulman… mais pas Séléka

Ex-territoires de l’Afrique Equatoriale Française (AEF), le Tchad et la Centrafrique ont battis leur relation aussi bien sur la base de la politique française de l’époque coloniale, que sur les liens fraternels qui existent entre leurs peuples. Derrière cette fraternité si vantée par tous les leaders politiques des deux pays, se cache pourtant un dédain mutuel qui peine à se voiler à force que le temps passe. Beaucoup de Centrafricains pensent que le Tchad à travers son chef d’Etat actuel s’ingère de trop dans les affaires Centrafricano-centrafricaines. Dans les taxis de Bangui, je ne cesse d’entendre cette musique que chantent les passagers exaspérés pars les exactions de la Séléka : « Ces Tchadiens ! Ils nous ont arrachés notre pays », « C’est des sanguinaires, ces Tchadiens », « Déby nous le payera ». Une rumeur a même donné pour mort le président Déby, à la deuxième journée du coup de force qui a propulsé au pouvoir Djotodia. Mais pourquoi tant d’amalgame ?



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Michel DJOTODIA, symbole de la laïcité Centrafricaine ?

Tel Jésus à Jérusalem, Michel DJOTODIA a fait son entrée à Bangui un dimanche d’avant pâques. La fête des rameaux de ce 24 Mars 2013 marquera ainsi en Centrafrique la chute de François BOZIZE. DJOTODIA devient le nouvel homme fort de RCA (République Centrafricaine), quoique propulsé par un coup de force. Avant Michel AM-NONDROKO DJOTODIA l’autoproclamé président de la république, la Centrafrique a connu d’éphémère musulman comme chef d’Etat. Jean Bédel Bokassa qui était pour un moment Salahdine,  et de même Ange-Félix PATASSE, son premier ministre de l’époque qui était pour sa part Moustafa. Beaucoup prédisaient l’islamisation du défunt empereur comme étant une ruse pour faire les yeux doux à Kadhafi. Ce qui se montrera très vite avérer à l’aune de sa renonciation à l’islam. DJOTODIA est donc le premier président musulman Centrafricain. La première prière du vendredi Vendredi 29 Mars, cinq jours après son coup de force, DJOTODIA arrive à la mosquée Centrale de Bangui pour la grande prière hebdomadaire. Vive émotion au sein des fidèles qui ne cessent de lancer des Takbirs – le fait de dire Allahu Akbar -. Malgré l’insistance de la foule et des journalistes présents qui ont voulu avoir de lui quelques commentaires, l’homme s’en est réservé en prétextant qu’il était à la mosquée et qu’il ne pouvait pas y parler politique … « car Dieu déteste le mensonge ». Ni plus, ni moins il a rappelé qu’il ne voulait la paix, rien que la paix. Des propos qui s’adressent vraisemblablement à la majorité chrétienne qui semble redouté des représailles de la part des compatriotes musulmans. Des mesures devront être prises pour éviter des affrontements inter-religieux. Marche de soutien, discours mesuré Samedi 30 Mars 2013, près de 4000 personnes marchent jusqu’à la place de la République pour exprimer leur soutien au SELEKA et à Michel DJOTODIA. Devant une foule qui n’a pas la même promptitude que celle à laquelle faisant face François BOZIZE, mais dont il semble avoir l’onction, DJOTODIA a tenu à jouer la carte de l’assurance tout en comptant sur l’aide de la France et des Etats-Unis. « (…) Je demande pardon à Dieu (…) il n’y aura pas de chasse aux sorcières (…) » discourt le natif de Bambari, qui promet en plus de rendre le pouvoir après la période transitoire. Sera-t-il à mesure de joindre ses propos aux actes ? Seul l’avenir nous le dira. (Article entièrement publié depuis mon smartphone)



Crédit image: http://radiondekeluka.org

« Nouveaux Centrafricains »… pas de passeport pour vous !

L’introduction du passeport biométrique en Centrafrique, comme le veut le projet de libre circulation des biens et des personnes en zone CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Central), pose un véritable problème pour ceux que j’appelle les « nouveaux Centrafricains ». Des personnes que la commission de délivrance des passeports considère comme des outsiders dans cette course, où même les véritables fils du pays n’en sortent pas sans égratignure. Suivez comment les noms et ou la religion déterminent si on est citoyen d’un pays ou pas.



Au fil des relations libres de Bangui

Les poncifs que les étrangers vivant en Centrafrique  collent au beau pays de Bokassa, sont celle d’un pays où le libertinage, la paresse, le vol et j’en passe sont de prime. Ces banalités qui ne contribuent en aucun cas à la reconstruction de la belle image d’antan de la Centrafrique s’avèrent malheureusement dans les faits quotidiens de la plupart des Centrafricains. De l’hypocrisie sentimentale, à la prostitution intelligente, les armes sont très fatalement utilisées contre les proies faciles.   La seule chose qui retient les gens à Bangui ces sont les filles. Me confit un ami, haut dignitaire de la république. Si jamais quelque chose déménageait toutes les filles de Bangui à Zongo, tu verras qu’il y aura un bouchon d’hommes à l’aéroport et le pays se videra continu-t-il. La caricature est choquante mais elle illustre bien cette situation qu’on ne peut nier. Juste là, sous nos yeux, nos amies, nos sœurs, nos filles… se prostitues contre de minables sommes, de véritables prix de la honte. L’affront est là tous les jours dans nos maisons. Nos « cœurs morts » supportent les va-et-vient de ces nombreux soupirants de nos sœurs, intelligemment prostituées. Chaque jour, un nouvel amant. L’amour n’existe que de nom, au profit de la trahison perpétuelle. De  relation libre en relation libre, les filles s’adonnent par cupidité, et de fois contraintes par la conjoncture, à tout ogre pourvu de billets verts. « Relation libre » ce statut matrimonial très utilisé sur facebook l’est aussi à Bangui. Oisifs, les jeune gens d’ici s’adonnent à de pratiques peu orthodoxes. S’ils ne sont pas « godobé* », ils suivent de hautes études nocturnes dans la cour des voisins peu vigilants. Les honnêtes Centrafricains sont malheureusement associés à cette salissante image d’étudiant (voleur, dans l’argot Centrafricain). D’autres jeunes plus ingénieux profites des relations de leurs sœurs (toutes les filles sont leurs sœurs) pour se frayés, à n’importe quel prix, un chemin vers la réussite. J’ai même appris que beaucoup se faisaient des relations en s’envoyant en l’air avec des personnes bien placées dans les ambassades françaises européennes de Bangui pour obtenir un visa Schengen. L’Etat lui-même n’est pas du reste dans ce jeu de « relation libre », quand un neveu veut descendre l’oncle bienfaiteur de mèches avec de nouveaux courtisans. Quand l’oiseau du gouvernement ne peut sauter de branche en branche comme auparavant et surtout pour aller se faire soigner. Bien entendu, cette situation l’exécutif et la société civile



DSK biaise la garde, Christine l’a garde

  Il y a de cela quelques semaines, Dominique STRAUSS-KHAN (DSK) tombait du sommet du Fond Monétaire International (FMI), éclaboussé dans un scandale sexuel avec une femme de ménage, originaire de Guinée. La France a perdu avec la démission de l’ex patron du FMI un poste stratégique du point de vue de l’économie mondiale. L’Union Africaine (UA) a voulu sauter sur l’occasion orchestrée par une de ses ressortissantes (Nafissatou DIALLO la femme de ménage en question). Christine LAGARDE, la ministre française de l’économie a su garder ce grand poste pour la France de Sarkozy, grâce –comme toujours- au soutien de bon nombre de pays Africains. L’affaire dite « DSK » est encore fraîche dans les mémoires, puisqu’elle est en cours. Elle a fait perdre le Nord au socialiste qui se voyait presqu’à la tête de la République « très politique » Française. N’eue été Christine LAGARDE, l’Europe pouvait dire bye-bye à la Direction Générale du FMI. L’Union Africaine (UA) en lançant une annonce pour obtenir le soutien de son candidat voulait mettre un terme au règne de l’Europe. L’Union Africaine affirmait même dans un communiqué : « Il est temps à présent pour un non-Européen, particulièrement un Africain, d’être à la tête du FMI ». Le continent africain exprimait ainsi son désir de mettre fin à l’accord tacite qui voulait d’un européen à la tête de cette institution monétaire mondiale. Les dirigeants Africains n’ont pas pu tous parler « africain » et le Sud-africain Trevor Manuel, unique candidat potentiel, pressenti un moment comme étant le candidat des pays émergents, n’a pu être présenté. En revanche, comme pour contribuer à la libération de la France sous occupation, de nombreux pays africains ont donné leur soutien total à Christine LAGARDE la candidate française. LAGARDE disait sur son compte twitter : « Nouveaux venus: j’ai reçu ce matin deux magnifiques lettres du Tchad et du royaume de Bahreïn ». Le Tchad qui comme le  18 Juin 1940 était le premier pays Africain à répondre favorablement à l’appel du Général DEGAULLE depuis Londres, s’est empressé de donner une fois de plus son soutien à la France qui voulait de l’aide africaine. Pour ce cas, il n’était pas question de la guerre, mais de diplomatie. Que peut un petit Etat comme le Tchad, qui d’ailleurs a une diplomatie réputée médiocre, déjà même dans la sous région ? Que cherche le gouvernement Tchadien en soutenant LAGARDE et non, le Mexicain Agustín CARSTENS, son unique challenger ? Certainement des histoires



TAHRIR ou la révolution moderne

  Une révolution exportée, des dictatures masquées en démocratie qui tombent une par une. Le monde arabe se réveille avec l’exaspération du peuple tunisien qui a fait partir du pouvoir et de la Tunisie le 15 Janvier 2011, l’ex Président Ben Ali. Le vendredi 10 Février, à 18h quand j’avais mis en marche ma télévision (Al Jazeera), on m’apprend que Moubarak aussi s’en est allé du pouvoir, la confiant à l’armée. Mon arabe n’étant pas très pointu, j’ai démarré mon pc et que des titres : « Egypte: Moubarak s’en va, les Egyptiens plein d’espoir » dit le site www.20minutes.fr, « Egypte : ambiance survoltée place Tahrir au Caire » c’est le site de TF1. A la radio, RFI que j’avais capté faisait revenir l’info en boucle, mieux encore, une édition spéciale y est consacrée. Ça y est, mon cœur était net et j’ai eu la conviction que la voix du peuple Egyptien s’est fait entendre comme celle de la Tunisie bien avant elle. Tout ces événements m’ont fait penser à une conversation engagé dans un de ces taxis de Bangui avec un inconnu qui me disait : « pour qu’il ait une élection transparente en Afrique, il fallait faire passer les différents candidats régions par régions, villes par villes et quartiers par quartiers ainsi chaque votant s’alignera physiquement derrière son candidat au vue et au su de tous et les comptes s’en suivront ». Drôle n’est ce pas ?  Moi je me dis c’est ce qui se passe depuis le début de cette année, est-ce sous l’effet de mes vœux ? Non dirais-je, c’est de la révolution moderne. Pas de guerre, pas d’arme, juste l’expression des opinions et une forte mobilisation. Une mobilisation à la Place Tahrir c’est ce qui a fait partir du pouvoir, après dix huit jours, l’autocrate Housni Moubarack qui voulait coûte que coûte diriger la destiné d’un peuple malgré que celui-ci se lassait de lui. La révolution maghrébine est un témoin du réveil du peuple africain, un cri d’alarme aux dictatures africaines et une mise en garde contre l’ingérence occidentale. Sur le continent souffle le vent du cinquantenaire des indépendances, une sorte de flambeau qui illumine l’esprit de la jeunesse africaine d’espoir, de courage et surtout de témérité tels les pères de la négritude à prendre en main leur destin. En ce moment, le pouvoir de Bouteflika est en alerte, la nouvelle donne contamine pays par pays. Les dirigeants les plus véreux devraient mettre leur



Bozizé maintenu au pouvoir avec 66, 08% des suffrages

Il était 22heures dépassées à Bangui, quand le Pasteur BINGUIMALE, président de la CEI, annonçait les résultats des élections présidentielles du 23 janvier devant tous les représentants diplomatiques présent à cet effet. François Bozizé YANGOUVOUNDA, le troisième BO (après BOganda et BOkassa) de la République centrafricaine a une fois de plus gagné la confiance de ses compatriotes, et s’en est sorti dès le premier tour avec 66,08% des suffrages. Une véritable gifle infligée à l’opposition qui contestait déjà les résultats avant leurs délibérations. Ange Félix PATASSE, le barbu arrive en deuxième position avec seulement 20,10%, suivi de son ex-compagnon ZIGUELE Martin, qui lui obtient 6,46% des voix. NAKOMBO Emile Gros Raymond le successeur du grand K (KOLINGBA) et DEMAFOUTH Jean Jacques l’ex patron des rebelles de l’APRD (Rébellion ayant signé les traités du DDR) arrivent en queue de liste avec respectivement un pourcentage de 4,46 et 2,72. La tension calme qui régnait après les délibérations de ces résultats n’était pas attendue par bon nombre des habitants qui la prévoyaient plutôt tendue. Aussitôt les résultats donnés les partisans du parti KNK qui a sa tête KANGARA (surnom du Président BOZIZE) sont sorti manifesté leur joie. Qui en klaxonnant, qui en tapant sur des couvercles de marmites, qui en criant… Mais chacun a tout de même gardé sa sérénité et jusqu’à là pas de gravité à signaler. La Cour Constitutionnelle a cinq jours, selon la loi électorale,  pour statuer sur les résultats. Malgré que l’opposition conteste la réélection de BOZIZE, l’ancien locataire du palais de la Renaissance, Ange Félix PATASSE pour qui  la Centrafrique vient « de subir un second coup d’Etat après celui du 15 mars 2003 », a appelé ses partisans au calme et entend utiliser les moyens légaux pour restituer la légalité.  J’espère bien que tout continuera à aller pour le mieux, vu que l’UA a déjà assez de problème avec la Côte d’Ivoire, la Tunisie et l’Egypte. Que Dieu garde la Centrafrique !



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